Vous êtes ici

Numérisation de la collection Proche-Orient ancien

News

Par Emmanuelle DRUART, responsable des collections Antiquité, Musée de Louvain-la-Neuve
Jan TAVERNIER, chargé de cours à l'Université de Louvain-la-Neuve (FIAL/INCAL/CIOL)
Hendrik HAMEEW, assistant de recherche KU Leuven & MRAH dans le cadre du Programme Pôles d’attraction interuniversitaires (PAI 7/14 : « Greater Mesopotamia/ Reconstruction of its Environment and History »)

Une nouvelle opportunité d’un rapprochement entre l’UCL et la KU Leuven, tant au niveau des collections d’objets archéologiques, que de la recherche et de l’enseignement, a été offerte grâce à une campagne de numérisation menée au musée en novembre 2013.

La collaboration entre l’Institut Orientaliste de Louvain (CIOL), la KU Leuven et les Musées Royaux d’Art et d’Histoire s’inscrit dans le cadre du programme de recherche Pôle d’Attraction Interuniversitaire Greater Mesopotamia : Reconstruction of Its Environment and History [1]Ce projet qui se concentre sur l’histoire et l’archéologie du Proche-Orient ancien (Mésopotamie, Anatolie, Levant, Iran), a permis la numérisation de plusieurs objets des collections antiques du musée, toutes sections confondues.

Les pièces numérisées qui proviennent du Proche-Orient ancien sont principalement des tablettes cunéiformes (26), des sceaux (5) et des cachets (5) faisant partie des fonds anciens de l’université et, en particulier, de la collection dite du Musée biblique constituée dans les années 1914-15 à des fins essentiellement pédagogiques. La plus grande partie des tablettes date des périodes d’Ur III (c. 2100-2000 av. J.-C.) et paléo-babylonienne (c. 2000-1600 av. J.-C.) et présente des textes comptables en écriture cunéiforme. Celle-ci fut fort utilisée par les habitants du Proche-Orient ancien pour écrire leurs langues comme le sumérien, l’akkadien, l’élamite, le hittite, le hourrite et l’ourartéen. Le plus ancien texte date d’à peu près 3100 av. J.-C. Cette écriture fut utilisée dans tout le Proche-Orient ancien et les textes écrits au moyen de cette écriture sont donc les sources historiques les plus importantes pour reconstruire l’histoire de cette région au IIe et au Ie millénaire av. J.-C.

La numérisation des objets a été réalisée grâce au système très performant du Portable Light Dome (PLD) qui exploite les plus récentes technologies pour créer des modèles virtuels 2D et 3D. Cet appareil semi-sphérique renferme 260 lampes LED et est surmonté d’un appareil photographique numérique standard. L’objet placé sous le dôme est photographié sous autant d’angles différents qu’il n’y a de lampes. Un programme informatique traite les données et reconstruit virtuellement l’objet sous forme d’images interactives en 2D et de modèles en 3D. Ces résultats permettent de caractériser le relief et la surface de l’objet grâce à différents paramètres de visualisation (en couleurs ou non, angles de luminosité variables, contraste, etc.) que ne permet pas la simple photographie.

Cette technologie de pointe se prête particulièrement bien à l’étude des textes cunéiformes et des tablettes avec des impressions de sceaux comme celle des collections du musée (Inv. n° MB410). Si plusieurs tablettes des collections du musée ont déjà été publiées autrefois, la numérisation permet d’affiner leur étude grâce à de nouvelles lectures et interprétations. Les images digitales sont totalement objectives au contraire de la « copie à la main » pratiquée autrefois et source fréquente d’erreurs. Au-delà de cet objectif de publication, le musée souhaite rendre accessibles à la communauté de chercheurs les images digitales et valoriser ses objets dans un espace d’échanges et de travail ouvert via une base de données en ligne. Les images 2D et 3D permettent aussi de rendre lisibles aux visiteurs du musée des objets souvent de petites dimensions et peu compréhensibles au niveau de l’inscription.   

_____________________

[1] Les projets de recherche Pôle d’Attraction Interuniversitaire (PAI) sont des projets financés par la Politique scientifique fédérale belge (BELSPO). Le but principal de ces projets est la création de réseaux de recherche fédérant des institutions universitaires et des institutions fédérales scientifiques (ex. les Musées Royaux d’Art et d’Histoire). Les partenaires dans le projet Greater Mesopotamia : Reconstruction of Its Environment and History sont les Musées Royaux d’Art et d’Histoire (coordinateur), l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, l’Université catholique de Louvain et la KU Leuven. Pour plus d’informations, voir www.greatermesopotamia.be